Disparition. L’acteur australien Heath Ledger, remarqué dans «le Secret de Brokeback Mountain», est mort mardi à 28 ans, dans des conditions encore obscures.
Didier Péron
QUOTIDIEN : jeudi 24 janvier 2008
L’acteur australien Heath Ledger a été retrouvé mort mardi à New York à l’âge de 28 ans. La masseuse avec qui il avait rendez-vous dans l’après-midi et la femme de ménage l’ont trouvé nu et inanimé au pied de son lit, dans le loft de Soho où il vivait seul depuis sa rupture avec l’actrice Michelle Williams (dont il avait eu une petite fille en octobre 2005). Les policiers ont retrouvé des somnifères sur sa table de nuit. L’autopsie n’a cependant pas permis de déterminer si ces derniers sont la cause du décès. Heath Ledger n’aurait d’ailleurs laissé aucun mot à l’attention de ses proches permettant d’accréditer l’hypothèse du suicide.
Dès l’annonce de la mort, diffusée par les médias, des centaines de curieux sont accourus au 421 Broome Street, et le site du fanclub, heathledger.com, a explosé sous l’afflux des messages de sympathie et de condoléances. Depuis son rôle de cow-boy gay dans Brokeback Mountain au côté de Jake Gyllenhaal, Ledger était devenu un des jeunes acteurs les plus en vue à Hollywood. Il a notamment repris le rôle du Joker, le clown malfaisant interprété par Jack Nicholson dans le premier Batman réalisé par Tim Burton, pour un nouvel épisode de la franchise, The Dark Knight dont la sortie est programmée pour août.
Stupéfaction. Chez Warner, studio producteur de ce film à grand spectacle parmi l’un des plus attendus de la prochaine saison des blockbusters, la stupéfaction est totale. La semaine dernière, Ledger était encore sur le plateau du nouveau film de Terry Gilliam (avec qui il avait déjà tourné les Frères Grimm), The Imaginarium of Doctor Parnassus. Il devait se rendre bientôt à Vancouver pour continuer le tournage.
Né en avril 1979 à Perth (dans l’ouest de l’Australie), Heath William Ledger a grandi dans ce qu’il nommait lui-même «l’une des villes les plus isolée au monde». Son père, Kim Ledger, dessine des voitures de course, sa mère est professeure de français. Ses parents divorcent quand il a 11 ans. Commence alors pour Heath une vie bringuebalante entre les deux foyers. Il n’aime pas trop l’école, ni tout ce qui ressemble de près ou de loin à une forme d’autorité qui essaierait de lui faire comprendre ce qu’il doit faire. Son père le voit champion de course, lui se tourne, comme sa sœur, vers l’art dramatique, une manière de gagner de l’argent sans trop se fatiguer, se dit-il alors.
A 16 ans, il se casse à Sydney et décroche un rôle de cycliste gay dans la série australienne Sweater. Lorsqu’il se voit à l’écran, il se trouve nul mais il s’accroche et file tenter sa chance à Los Angeles. Chance qui ne tarde pas à lui sourire. Mel Gibson le lance en l’enrôlant pour jouer son fils farouche dans Patriot en 2000, et dans la foulée, il décroche le premier rôle du film en costume Chevalier sans même passer d’audition.
Sanglots. Quand le film sort, Ledger n’a que 19 ans. Les producteurs, les agents sont enthousiastes : «J’avais l’impression de me transformer en bouteille de Coca et il y avait tout un tas de gens qui savait comment rendre cette bouteille ultrapopulaire. Pourtant tout le monde sait que c’est une boisson de merde, mais il y a des pubs partout qui vous disent de l’acheter. J’avais l’impression qu’on voulait de moi alors que je ne valais rien», déclare-t-il, désenchanté, dans Rolling Stone en 2006. Pendant une réunion où tout le monde donne son avis sur la tournure que doit prendre sa carrière, il dit avoir été obligé de se réfugier aux toilettes où il a éclaté en sanglots : «Une putain de crise d’angoisse.»
Après ça, il cherche à échapper avec force au destin que des tiers intéressés essaient de tracer pour lui, à sa place. Il choisit des rôles qui portent directement atteinte à l’intégrité lisse du jeune premier (The Four Feathers, The Order, Ned Kelly…) : «Consciencieusement, j’ai saboté toutes les raisons qui pouvaient faire que les studios aient envie de travailler avec moi.»
Jeu torturé. La proposition du rôle d’Ennis del Mar dans le Secret de Brokeback Mountain d’Ang Lee tombe à ce moment-là, après que tout un tas de stars l’ont décliné, jugeant trop risqué d’apparaître dans cette idylle contrariée entre deux cow-boys par ailleurs mariés et pères de famille. Il est nommé aux oscars 2006 comme meilleur acteur. On l’a vu récemment dans I’m Not There inteprétant une des facettes de Bob Dylan tel que réinventé par Todd Haynes.
Contrairement à son partenaire Jake Gyllenhaal dans Brokeback, adepte d’une certaine impassibilité, Ledger développait un jeu très expressif et torturé, comme le confirment encore les premières images de Dark Knight qui le montrent au comble de la furie psychopathe. Cette disparition soudaine d’un homme jeune, célèbre, riche, envié par la foule des admirateurs anonymes, jette une nouvelle ombre de désolation fatidique sur les coulisses du spectacle people perpétuel. Mais Ledger mort, une légende est née.
2008年1月24日 星期四
2008年1月22日 星期二
2008年1月8日 星期二
2008年1月2日 星期三
2007年12月11日 星期二
Look Who's HeeHeeing now ? ^^
2007年11月13日 星期二
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2007年10月3日 星期三
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2007年7月14日 星期六
2007年6月25日 星期一
2007年6月12日 星期二
海的力量 酒的滋味
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mardi 12 juin 2007, 9h31
Quand la mer "masse" les bouteilles et modifie le vieillisesment du vin
Par Erwan JOURAND
SAINT-MALO (AFP) - Tout au bout de la baie de Saint-Malo, assis sur des rochers face à la mer, des oenologues et des vignerons ont dégusté dimanche six Anjou Village de Brissac-Quincé (Maine-et-Loire) dont certains venaient de passer un an immergés sur les fonds marins parmi 600 bouteilles soumises à l'expérience.Comme dans toute dégustation qui se respecte, ils ont fait tourner au fond du verre, humé, bu et recraché trois blancs et trois rouges, dont quatre avaient passé trois cent soixante cinq jours sous l'eau.
Les six experts ont reconnu sans hésitation, lors de cette dégustation "à l'aveugle", les vins immergés - deux blancs et deux rouges - soumis à leur palais en même temps que deux autres bouteilles identiques du domaine de Christophe Daviaud à Brissac.La raison selon M. Daviaud: "les rouges immergés ont une évolution plus lente" que les rouges identiques non immergés et sont "partis pour être des vins de garde".
Dans les blancs immmergés, selon lui, on sent "plus le côté bois, le côté fumé de la barrique".
Yannick Heude, grand maître de cette cérémonie de relevage du vin immergé près de port Solidor à Saint-Servan, commune voisine de Saint-Malo, est du même avis et trouve en plus aux blancs immergés "une certaine fraicheur".
Caviste dans la cité corsaire, il a surveillé avec anxiété la remontée par le treuil du caseyeur malouin "Shangaïe" de deux énormes caisses en bois à claire voie, en partie disjointes et couvertes d'ormeaux, d'algues et de berniques, une opération délicate assistée par des pêcheurs professionnels d'ormeaux en combinaison de plongée.
Les six cents bouteilles, trois cents de rouge et trois cents de blanc - moins les quatre soumises à dégustation - ont immédiatement été acheminées vers l'île de Cézembre, au large de Saint-Malo.
Elles devaient y être vendues aux enchères au profit des Restaurants du Coeur et de la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) dimanche en fin de journée.
Au même moment, six cents autres bouteilles - trois cents de Bourgogne blanc et trois cents autres de Crozes-Hermitage rouge aux goulots dûment protégés de cire dure - sont parties pour un an par dix mètres de fond, pour le plus grand plaisir de Yannick Heude et de ses trois amis, le conchyliculteur et mareyeur cancalais Emmanuel George, le marin professionnel Yann Le Nabour et l'ex-restaurateur René Suzanne, à l'origine de cette initiative.
En 2002, les trois compères, lors d'une dégustation, avaient jugé que ce qui les réunissait étaient "le vin et l'ivresse de la mer", et décidé de mettre des bouteilles "sous la mer" dans cette baie de Saint-Malo qui connait les plus grandes marées d'Europe.
"L'effet de vieillissement est différent de ce qui se passe à terre. On savait que c'était une bonne cave car, comme taux d'hygrométrie on ne peut pas trouver mieux, il n'y a pas d'UV et la température moyenne est stable, de 9 à 12 degrés en moyenne passé les 10 mètres", explique Yannick Heude.
"Ce qu'on ne savait pas, c'est l'effet des marées et des courants de huit noeuds (15 km/h) qui massent les bouteilles deux fois par jour. Elles amplifient l'évolution du vin, qui semble plus jeune quand il sort de l'eau mais a des arômes plus arrondis", .
"On a été conquis la première fois, et chaque année on veut recommençer", ajoute-t-il.
Quand la mer "masse" les bouteilles et modifie le vieillisesment du vin
Par Erwan JOURAND
SAINT-MALO (AFP) - Tout au bout de la baie de Saint-Malo, assis sur des rochers face à la mer, des oenologues et des vignerons ont dégusté dimanche six Anjou Village de Brissac-Quincé (Maine-et-Loire) dont certains venaient de passer un an immergés sur les fonds marins parmi 600 bouteilles soumises à l'expérience.Comme dans toute dégustation qui se respecte, ils ont fait tourner au fond du verre, humé, bu et recraché trois blancs et trois rouges, dont quatre avaient passé trois cent soixante cinq jours sous l'eau.
Les six experts ont reconnu sans hésitation, lors de cette dégustation "à l'aveugle", les vins immergés - deux blancs et deux rouges - soumis à leur palais en même temps que deux autres bouteilles identiques du domaine de Christophe Daviaud à Brissac.La raison selon M. Daviaud: "les rouges immergés ont une évolution plus lente" que les rouges identiques non immergés et sont "partis pour être des vins de garde".
Dans les blancs immmergés, selon lui, on sent "plus le côté bois, le côté fumé de la barrique".
Yannick Heude, grand maître de cette cérémonie de relevage du vin immergé près de port Solidor à Saint-Servan, commune voisine de Saint-Malo, est du même avis et trouve en plus aux blancs immergés "une certaine fraicheur".
Caviste dans la cité corsaire, il a surveillé avec anxiété la remontée par le treuil du caseyeur malouin "Shangaïe" de deux énormes caisses en bois à claire voie, en partie disjointes et couvertes d'ormeaux, d'algues et de berniques, une opération délicate assistée par des pêcheurs professionnels d'ormeaux en combinaison de plongée.
Les six cents bouteilles, trois cents de rouge et trois cents de blanc - moins les quatre soumises à dégustation - ont immédiatement été acheminées vers l'île de Cézembre, au large de Saint-Malo.
Elles devaient y être vendues aux enchères au profit des Restaurants du Coeur et de la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) dimanche en fin de journée.
Au même moment, six cents autres bouteilles - trois cents de Bourgogne blanc et trois cents autres de Crozes-Hermitage rouge aux goulots dûment protégés de cire dure - sont parties pour un an par dix mètres de fond, pour le plus grand plaisir de Yannick Heude et de ses trois amis, le conchyliculteur et mareyeur cancalais Emmanuel George, le marin professionnel Yann Le Nabour et l'ex-restaurateur René Suzanne, à l'origine de cette initiative.
En 2002, les trois compères, lors d'une dégustation, avaient jugé que ce qui les réunissait étaient "le vin et l'ivresse de la mer", et décidé de mettre des bouteilles "sous la mer" dans cette baie de Saint-Malo qui connait les plus grandes marées d'Europe.
"L'effet de vieillissement est différent de ce qui se passe à terre. On savait que c'était une bonne cave car, comme taux d'hygrométrie on ne peut pas trouver mieux, il n'y a pas d'UV et la température moyenne est stable, de 9 à 12 degrés en moyenne passé les 10 mètres", explique Yannick Heude.
"Ce qu'on ne savait pas, c'est l'effet des marées et des courants de huit noeuds (15 km/h) qui massent les bouteilles deux fois par jour. Elles amplifient l'évolution du vin, qui semble plus jeune quand il sort de l'eau mais a des arômes plus arrondis", .
"On a été conquis la première fois, et chaque année on veut recommençer", ajoute-t-il.
2007年5月28日 星期一
2007年5月27日 星期日
Cannes : C'est bien...

(本屆評審在頒獎典禮入場前走紅地毯)
Le palmarès
Par Liberation.fr
LIBERATION.FR : dimanche 27 mai 2007
Voici le palmarès du 60e Festival de Cannes dévoilé dimanche soir par le président du jury, le réalisateur anglais Stephen Frears:
PALME D'OR
Quatre mois, trois semaines et deux jours, de Cristian Mungiu (Roumanie)
GRAND PRIX
La Forêt de Mogari, de Naomi Kawase (Japon)
PRIX D'INTERPRÉTATION FÉMININE
Jeon Do-yeon, pour Secret Sunshine de Lee Chang-dong (Corée du Sud).
PRIX D'INTERPRÉTATION MASCULINE
Konstantin Lavronenko pour Le Bannissement, d'Andreï Zviaguintsev (Russie)
PRIX DE LA MISE EN SCENE
Julian Schnabel, pour Le Scaphandre et le Papillon (France).
PRIX DU SCÉNARIO
Fatih Akin, pour De l'autre côté (Allemagne)
PRIX DU JURY
Décerné ex aequo à Persepolis, dessin animé de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud (Iran/France), et Stellet Licht (Lumière silencieuse), de Carlos Reygadas (Mexique)
PRIX DU 60E ANNIVERSAIRE
Gus Van Sant (USA), pour Paranoid Park, en compétition cette année, et "pour l'ensemble de sa carrière", a précisé le président Frears.
Par Liberation.fr
LIBERATION.FR : dimanche 27 mai 2007
Voici le palmarès du 60e Festival de Cannes dévoilé dimanche soir par le président du jury, le réalisateur anglais Stephen Frears:
PALME D'OR
Quatre mois, trois semaines et deux jours, de Cristian Mungiu (Roumanie)
GRAND PRIX
La Forêt de Mogari, de Naomi Kawase (Japon)
PRIX D'INTERPRÉTATION FÉMININE
Jeon Do-yeon, pour Secret Sunshine de Lee Chang-dong (Corée du Sud).
PRIX D'INTERPRÉTATION MASCULINE
Konstantin Lavronenko pour Le Bannissement, d'Andreï Zviaguintsev (Russie)
PRIX DE LA MISE EN SCENE
Julian Schnabel, pour Le Scaphandre et le Papillon (France).
PRIX DU SCÉNARIO
Fatih Akin, pour De l'autre côté (Allemagne)
PRIX DU JURY
Décerné ex aequo à Persepolis, dessin animé de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud (Iran/France), et Stellet Licht (Lumière silencieuse), de Carlos Reygadas (Mexique)
PRIX DU 60E ANNIVERSAIRE
Gus Van Sant (USA), pour Paranoid Park, en compétition cette année, et "pour l'ensemble de sa carrière", a précisé le président Frears.
2007年5月26日 星期六
Sandrine Bonnaire / Cannes

(gouvenel studio)
Les soeurs bonté
Sandrine Bonnaire, 39 ans. Son film, «Elle s'appelle Sabine», est un portrait de sa soeur autiste.
Par LANÇON Philippe
QUOTIDIEN : samedi 26 mai 2007
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Un jour, à un journaliste, Sandrine Bonnaire a dit : «J'ai une amnésie, peut-être pas inconsciente, mais totale de mon enfance.» Au coeur de l'amnésie, il y a des douleurs, des impossibilités et des rêves. Il y a peut-être Sabine, sa soeur autiste, d'un an sa cadette. Dans son premier documentaire, Sandrine filme Sabine, amoindrie et déformée par la maladie, l'angoisse, le poids des médicaments et cinq ans d'internement psychiatrique. Elle l'aime en la filmant.
Grâces jumelles. En contrechamp, elle donne à voir son état quinze ou vingt ans avant, malade mais mince, droite, d'une élégance d'amazone, puisque déjà l'une filmait l'autre. Sandrine montait les marches, Sabine les descendait, leurs grâces étaient jumelles. Sur les archives, le sourire de Sandrine dépose sur son visage une présence naturelle au monde. Celui de Sabine hésite, pris dans les nerfs. Sa paupière inférieure droite ne cesse de battre, imperceptiblement, face au monde qui s'éloigne. «On sent, dit Sandrine, qu'elle a une vivacité trop forte.» Elle a eu l'idée du film voilà neuf ans, quand sa soeur était en hôpital psychiatrique : «Je voulais dénoncer la situation.» Elle y renonce. Le temps passe, elle hésite. Elle ne veut pas ressembler «à ces acteurs qui écrivent des livres pour qu'on les plaigne, [elle] déteste ça». L'amour et la souffrance, il faut prendre son temps pour les révéler.
On filme aussi pour ne pas oublier. Dans la famille Bonnaire, il y avait dix frères et soeurs. Sandrine a une caméra. Elle est l'oeil de leur mémoire. Très jeunes, elle et ses trois soeurs aînées s'occupent de Sabine. «Vers 3 ou 4 ans, se souvient-elle, je savais déjà qu'elle était différente. A l'école, elle était gênante pour nous. Elle nous mettait la honte... On avait presque des rôles de parents et on ne trouvait pas ça normal. Mais, avec mes soeurs, ça nous a vraiment unies. Nous sommes liées par ça.» Elles s'occupent toujours de Sabine à tour de rôle. Sandrine n'annonce pas ses visites pour ne pas angoisser Sabine, pour ne pas la décevoir si elle ne vient pas. Elle est la surprise. Le reste du temps, elle écrit ou téléphone. Les horaires sont souvent incompatibles : quand l'actrice finit une journée de tournage, la malade dort déjà.
Délicatesse spontanée. La mère refusait de voir la maladie de sa fille. Le père, ouvrier ajusteur, s'en occupait peu, car «il travaillait beaucoup». Sandrine se souvient de ceci : «En rentrant du travail, il garait tous les jours sa mobylette dans le jardin, tous les jours Sabine mettait sa mobylette par terre.» A 20 ans, elle joue très bien du piano. Plus tard, Sandrine lui en offre un celui du film. On la voit jouer sur archives le premier prélude de Bach, très bien et assez vite, puis essayer de le jouer aujourd'hui.
Sabine aime aussi les goûts que Sandrine rapporte de ses premiers voyages, la salsa, le reggae. Elle dit souvent à sa soeur : «T'es artiste de cinéma. T'as de l'argent.» Sandrine l'évoque en souriant. Elle parle avec une délicatesse spontanée, sans en dire trop ni affecter d'en dire trop peu. Ce qu'elle dit ne donne aucun droit sur elle à ceux qui l'écoutent. Elle pense que la maladie de sa soeur n'a rien déterminé dans sa carrière d'actrice, sauf une fois : «En 1998, pendant que je tournais Voleur de vie, d'Yves Angelo, elle a eu une grosse crise. J'étais complètement déprimée.»
Quand ils font A nos amours, en 1983, Sandrine a 16 ans, et Maurice Pialat la raccompagne le soir chez elle. Il connaît Sabine et la filme jouant du Schubert. La scène n'est pas gardée au montage. Sandrine ne l'a jamais revue. «Sabine adore ce film, dit Sandrine. Elle en connaît des tas de répliques par coeur.» Aujourd'hui, Maurice Pialat manque à Sandrine, «et bizarrement de plus en plus. Parfois, je sors de films en me disant : "C'est pas complètement ça." J'ai envie de retrouver quelque chose de brutal, d'utile, de vivant et mobile, qui va à l'essentiel». Elle a retrouvé ça en voyant Little Odessa, de James Gray.
En 1989, Sandrine joue au Théâtre de Gennevilliers dans la Bonne Ame de Setchouan, de Bertolt Brecht. Elle filme sa soeur reprenant des extraits de son rôle. «Elle jouait faux, évidemment. Mais c'était fort. J'ai coupé la scène, car elle n'entrait pas dans le film.» Sandrine n'a plus envie de jouer au théâtre. «J'y vais peu, je m'y ennuie souvent, je trouve ça un peu poussiéreux.» Elle est venue à Cannes pour une journée. Sa joie anguleuse et sa gravité sensuelle fleurissent dans une jupe en jean sans recherche. La sobriété est son meilleur trophée.
Héroïne. Elle a joué, dans la Cérémonie de Claude Chabrol, un rôle de bonne meurtrière. En ce moment, dans le premier film de Marion Laine, elle prépare celui de Félicité, la servante d' Un coeur simple, de Flaubert . C'est à cette occasion qu'elle a découvert le conte. Félicité est déçue par l'amour, se relève dans le dévouement à sa maîtresse et l'amour pour son perroquet. Qu'en pense l'actrice ? «C'est le destin de quelqu'un qui est volontaire, optimiste, et sur qui le sort s'acharne. Tout lui est retiré et elle finit par en mourir. C'est la douleur qui l'use.» Sandrine a deux enfants. Quand elle doit faire quelque chose qu'elle préférerait ne pas faire, sa fille a pour coutume de répéter : «C'est la dure loi de l'Ouest.» Elle n'a pas tort. Mais, dans cet Ouest-là, Sandrine est une héroïne, violente et posée.
Son compagnon, Guillaume, le scénariste d' Amélie Poulain, prépare sa première fiction. Elle est inspirée par un petit événement. «Un jour, dit Sandrine, le TGV est tombé en panne à proximité du centre où vit Sabine. Les passagers ont été accueillis par les autistes, ce sont eux qui, pour une fois, se sont occupés des gens normaux. Où est la frontière entre les uns et les autres ? C'est cette question qui nous a décidés à faire le film.» Sandrine jouera le rôle d'une autiste qui ressemble à Sabine.
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